

mardi 13 juillet 2004, par KHannibal
On se souvient encore de Deus Ex, premier du nom. Jeu évolutif, mélangeant RPG et FPS, avec des graphismes moyens et un moteur de jeu un peu vieux par rapport à ce qui se faisait à cette époque, Deus Ex a créé la surprise, non par sa qualité, mais la profondeur et la richesse du scénario. Voilà maintenant quelques mois que le deuxième opus est sorti... Ce Deus Ex 2 était plein de promesses... En effet, le premier était presque devenu « culte » auprès des joueurs, tellement il les avait comblé ! On espérait une suite, et maintenant qu’elle est sortie, on est quand même un tout petit peu déçu...
Petite intro sur l’histoire afin que vous ne soyez pas trop perdu... Tout se déroule dans le futur (proche ?) dans lequel la population, pauvre, est « coachée » par des institutions financières ou religieuses. Vous incarnerez Alex D., jeune élève diplômé, et « bio-modifié », de l’académie Tarsus, sorte d’école qui forme aux quatre coins du monde des étudiants à l’utilisation de technologies nouvelles, au contre-espionnage... Tout commence par l’attaque du complexe Tarsus de Chicago. Vous serez évacué en urgence par hélico, destination : Seattle. Arrivé là-bas, vous apprendrez que Chicago a été entièrement détruite. Vos parents sont morts dans cet « attentat ». Vous n’aurez presque pas le temps pour faire connaissance avec les autres étudiants, puisque l’Ordre (secte religieuse proposant le partage des richesses, et la paix morale... Elle s’oppose à l’OMC, Organisation Mondiale du Commerce, qui semble alliée à l’Académie Tarsus) décide de prendre d’assaut le complexe Tarsus. Vous serez seul, face aux « ennemis » (vous comprendrez par la suite pourquoi je mets ennemis entre guillemets) puisque tout le monde (sauf quelques gardes et scientifiques) aura déserté le complexe. Vous voilà livré à toutes vos questions, et aucunes réponses. Pour vous aider, vous mènerez des enquêtes, et vous réaliserez des missions pour tel ou tel groupe (OMC, Tarsus, Ordre, Omars...) afin de comprendre ce qui vous trouble. Vous aurez le choix de faire ce qui vous plaira, c’est à dire de choisir de réaliser telle ou telle mission pour tel groupe, et de ne pas faire ça ou ça pour tel organisation. Est-ce clair ?
Parlons moteur de jeu, maintenant. Comme je l’ai dit plus haut, vous aurez deux types d’objectifs : principaux (obligatoires) et secondaires (facultatifs). Pour réaliser un objectif principal, vous aurez tout le temps le choix entre faire ce que l’OMC ou l’Ordre (ou d’autres groupes) vous dira. C’est VOUS qui décidez, pas EUX ! C’est là que l’on remarque la profondeur du jeu. Bourrin ou furtif ? Entrée par fenêtre ou porte ? Cave ou grenier ? LIBERTE TOTALE ! Pour pouvoir supporter un gameplay non-scripté comme celui-là, il faut un moteur de jeu digne de ce nom ! Et c’est très réussi ! Chaque objet a une masse propre, une consistance propre, une matière spéciale, une forme spécifique, une inter-action avec l’environnement différente selon ce que vous lui infligez... Bref, on en profite ! Les jeux de lumière et d’ombre... C’est drôle... On se croirait dans Splinter Cell 2.. C’est nickel ! Tout est au point ! Mais... Malheureusement (hé oui...) la démarche des personnages est raide (genre Morrowind), leur corps et ses détails ont l’air d’avoir été créés à base de carrés (un peu trop cubique, quoi !), les décors sont toujours un peu trop froids et anguleux (à la Perfect Dark, en quelques sortes). Mais chaque endroits a son architecture propre. Trop difficile de confondre ou de trouver des points semblables entre le Caire et Seattle, par exemple... Et le level design, il vous sera presque toujours possible d’emprunter des chemins différents pour conclure une mission.
Aspect technique... Morrowind, vous connaissez ? Les temps de chargements trop longs aussi ? Et bien, vous serez servis ! En moyenne, à chaque fois que vous sortez d’une zone pour rentrer dans une autre, vous aurez 30-35 secondes de chargements... C’est ennuyeux, surtout si vous devez vite retourner chercher quelque chose qui vous a échappé 4 zones avant. Mais c’est compréhensible, car comme tout ce que vous faites (bouger un objet ou tuer un homme et déplacer son corps) est entièrement sauvegardé ! Le lieu de chaque chose, objet, animal, garde, civil est sauvegardé. On comprend mieux ces longs chargements, même si, à la longue, cela deviens vraiment ennuyeux. Je me demande même si je passe pas mon temps à regarder le jeu se charger, plutôt que de jouer. Des chutes de framerate sont également de la partie, mais il y en a presque jamais. Contrairement à des très petits figement de l’image et du jeu, lorsque 12 gardes vous tirent dessus et chacun avec une arme différente, que des robots arrivent en renforts, que l’alarme est déclenchée, et surtout, comme tout ce que vous faites influence l’attitude d’un clan et la suite du scénario, ce bref figement est également compréhensible, et moins ennuyeux que les chargements, car on s’habitue très vite à ces figements.
Le son est soigné, particulièrement les bruitages. La musique laisse un peu différent, sauf celle du menu, qui est assez prenante. Le son des armes, des pas, des bio-modifications que vous vous implantez, des accessoires des armes que vous installez... Tout cela est grandiose ! Les développeurs ont fait du beau boulot. Difficile de ne pas rire un peu quand deux gardes se saluent et discutent 10 secondes pendant leur ronde. L’accent a aussi été mis sur les dialogues. Un énorme travail de traduction, et de doublage a été fait, et ça se voit ! Pardon... Ca s’entend ! Les dialogues sont tous en anglais, mais le sous-titrage français est parfait !
Passons à l’ATH (Affichage Tête Haute). Deux jauges sont située en haut de l’écran : la première, votre vie, la deuxième, la bio-énergie nécessaire pour vos bio-modifications actives. Sur votre gauche, votre inventaire rapide (6 emplacements visibles sur les 12 que constitue l’inventaire complet) et sur votre droite, les fameuses bio-modifications (6 emplacements également, mais déjà au complet). Ces bio-mods sont vraiment utiles. Vous les greffez à différentes parties de votre corps (bras, crâne, œil, jambe et squelette) pour augmenter une capacité déjà installée, ou pour en installer une autre. Pour chaque emplacement, trois bio-mods sont disponibles (2 légaux et un que l’on trouve sur le marché noir). Malheureusement, vous ne pourrez installer qu’un seul bio-mod pour chaque partie de votre corps. En effet, si vous décidez de changer votre « cape » (bio-mod du crâne) pour le « drone bio-protecteur » (crâne), la « cape » sera perdue à jamais, et comme on dit en anglais : unrecoverable. Donc, chaque changement devra faire l’objet d’une longue réflexion. P’tite précision : certain bio-mod sont passifs, c’est à dire qu’ils sont actifs tout le temps (logique, non ? ;-)) et n’utilisent pas de bio-énergie, contrairement aux bio-mods actifs, que l’on doit activer pour les utiliser (j’aime les antithèses...) , et qui bouffent votre bio-énergie.
La diversité et l’originalité des armes est bonne. Surtout le système de munitions. Comme il est si bien écrit dans le mode d’emploi du jeu : « Toutes vos armes utilisent les mêmes munitions : une nano-masse configurée dynamiquement par l’arme pour lui donner la forme du projectile approprié. ». Inutile de préciser donc que le lance-roquettes utilise beaucoup plus de munitions que le simple pistolet. Pratique, mais on est vite à cours de munition avec ce système. Chaque arme à feu peut être modifiée deux fois. Vous pouvez installer deux accessoires sur les huit disponibles (mais tous ne sont pas compatible avec toutes les armes) pour améliorer ou conférer une nouvelle capacité à une arme (un silencieux ou un amplificateur de dégâts pour le sniper, par exemple).
Tous vos objectifs, notes et images sont stockés dans votre « persordinateur », sorte de disque dur interne, si vous préférez. Gros défaut, les cartes géographiques. Presque illisibles, et n’indiquant jamais ou vous vous trouvez, ce qui n’est pas pratique si l’on a pas un sens de l’orientation à la hauteur. Même si on a une boussole en haut de l’ATH, elle est d’ailleurs inutile, c’est parfois dur de s’y retrouver.
Dernier point... Pas de multi-joueurs... Snif... Les développeurs l’avaient déjà annoncé, et ils ont tenu parole. Pas de fonction Live non plus, ce qui est moins dérangeant car il est difficile de rajouter des maps, des armes ou des personnages à un jeu au scénario si complet. Et, essayez de rajouter des compléments à un jeu au gameplay non-scripté sur console ! Mission : Très Difficile.
Petite info, au passage, mais ne la répétez à personne : le jeu possède quatre fins différentes. A vous de les trouvez !
Bon, comme j’ai envie de trouver cette troisième fin, je vous refile mon verdict
Graphisme : 14 / 20 On peut faire mieux... Un peu cubique
Jouabilité : 15 / 20 l’ATH très pratique, prise en main facile
Scénario : 25 / 20 Non... Je rigole. 19 / 20. Riche, le scénario
Durée de vie : 18 / 20 Une vingtaine d’heure nécessaires
Son / Musique : 17 / 20 Seuls les bruitages sont mémorables
Difficulté : 14 / 20 Pas très difficile, en moyenne
Intérêt : 16 / 20 Pas seulement pour les fans de la série
Note globale : 16 / 20
Très ludique et jouissif, mais pas aussi indispensable que Ninja Gaiden ou Splinter Cell : PT.
En bref, attendez que le prix du jeu baisse avant de l’acheter si vous ne voulez pas être déçu d’un investissement coûteux.