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OddWorld : La Fureur de l’Etranger

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vendredi 18 mars 2005, par KHannibal

Test : Oddworld, La Fureur de l’Étranger

Non non ! Je ne me suis pas trompé dans le nom du jeu ! C’est bien « Oddworld » et non pas « Oldworld » comme je l’ai entendu dire. « Odd » signifie bizarre en anglais. C’est d’ailleurs la première chose à laquelle j’ai pensé en commençant le jeu. N’ayant pas joué au premier opus (Munch’s Oddysee), je ne connaissais la série Oddworld que de nom. L’avant dernier né des studios Oddworld Inhabitants était plutôt un jeu de réflexion et de stratégie, mettant Abe en jeu, un mudokon chétif. Et bien, pour cette aventure, il y a du changement ! Et du gros ! Si on me demandait de classer La Fureur de l’Étranger dans une catégorie de jeu, je le placerais dans le genre des FPS, mais FPS audacieux ! Humour, action, fun, tout y est ! Alors, le pari a-t-il été gagné ?

Bizarre autant qu’Étrange

Votre passé ? Inconnu. Votre nom ? Idem. Vous êtes connu sous le sobriquet d’ Étranger et vous êtes chasseur de primes, dans une sorte de Far West. Voilà comment le jeu commence ; c’est maigre. Il débute par une vidéo (excellente et belle) puis par un didacticiel sympathique et utile. Vous apprendrez à utiliser votre unique arme : une arbalète à deux chargeurs, pouvant tirer deux sortes de munitions à la fois. Je vous entends déjà râler à cause du manque d’armes variées, et bien vous vous trompez. Certes, vous n’aurez qu’une arbalète tout au long de l’aventure, mais quand vous verrez toutes les différents « choses » que vous pouvez envoyer sur vos ennemis, ça devient tout de suite amusant et délirant ! Du putois (fait vomir vos ennemis) aux abeilles (utiles pour mitrailler à tout va) en passant par le fuzzle (sorte de morpion qui va attaquer, mordre et terroriser vos ennemis) par la bolamite (araignée qui enroule un ennemi dans sa toile) et l’écureuil (attire vos ennemis), vous n’aurez que l’embarras du choix pour vous amuser ! D’autant que toutes les munitions ci dessus (et il y en a encore d’autres) sont améliorables et peuvent devenir plus puissantes, et aussi plus délirantes ! Côté original : vous devrez chasser ou acheter vos munitions. Vous avez à disposition des zaps, en quantité infinie, pour chasser vos munitions. Notez qu’il est possible aussi de les tirer sur vos ennemis. Rien que ça, cela constitue en soi un détail non négligeable puisque cela donne un côté attrayant à la « chasse ».

Vous apprendrez aussi à utiliser pleinement toutes les actions dont dispose l’Étranger. D’ailleurs, LA grande nouveauté, c’est que vous pouvez passer de la vue à la 1ère personne (FPS) à la vue à la 3ème personne en appuyant simplement sur le stick droit. Cela vous permettra par exemple de courir plus vite. Après ce didacticiel, vous arriverez dans la première ville, peuplée de... Caquets, sorte de poulets parlant sur deux pattes. Rendez-vous au Bureau des Primes pour encaissez un peu de pognon. On se croirait en plein film de John Wayne. Votre « colis » livré, vous vous mettez en chasse d’autres truands (ce sont des brutes, mais pas des bons). En effet, vous avez besoin d’argent pour financer une opération chirurgicale coûteuse. Vous allez devoir parcourir l’Oddworld afin de réunir cette somme. Bon, on a un peu avancé dans l’histoire et le but de notre héros, c’est déjà ça.

Des dollars, encore des dollars...

N’oubliez pas qu’un chasseur de prime se doit de ramener un hors-la-loi vivant. Enfin, disons que c’est plus avantageux pour lui car il reçoit plus de pognon que s’il les ramène morts. Il faudra vous munir de beaucoup de jugeotte, pour adopter une combinaison de munitions adéquates pour ne pas faire mourir ces brutes, même si vous pensez que c’est que ce qu’ils méritent. Certes, capturer un bandit mort est très facile, et le contraire l’est un peu moins. Mais, c’est là que tout a été étudié. Vous vous mettez le doigt dans l’œil jusqu’au coude si vous croyez que La Fureur de L’Étranger n’est qu’un simple jeu de shoot et de plateforme. Si vous voulez du fric, rentrer dans chaque ennemi n’est pas la solution, bien qu’elle est tout à fait envisageable. Sachez que l’IA des ennemis est assez bonne, dans le sens où ils adopteront une stratégie particulière selon la situation. Utilisez donc pleinement votre attirail et le décor. Il y a fréquemment des hautes herbes pour vous dissimuler. N’ayez pas peur d’utiliser vos munitions, on en trouve assez sur les chemins.

Parlons de votre vie. Vous disposez de deux barre. La première est votre barre de vie, l’autre (plus petite) est votre barre de vigueur, ou d’énergie, à choix. Cette dernière, d’une simple pression sur le bouton Y se videra en remontant votre vie proportionnellement à la quantité d’énergie utilisée. Votre énergie remontera néanmoins lentement, alors, faites attention. Pour vous refaire une santé, il vous faudra vous éloigner de la bataille, trouver un coin tranquille, et commencer à vous ébrouer. On pourrait penser qu’on est invincible avec ce système, mais quand vous verrez les dégâts que les ennemis vous font subir, vous changerez rapidement d’avis et de technique.

Je reconnais que le jeu n’est pas très difficile. Sauf, peut-être certains boss. En effet, il vous faudra souvent trouver quelle projectile lui envoyer pour lui entamer sérieusement sa barre de vigueur-énergie pour le mettre KO sans le tuer. Là réside la « vraie » difficulté du jeu. Il y en a une autre, c’est de ne pas rigoler lors de certaines répliques. Chacun son humour.

Le boss en poche, avec ses sbires, vous retournez en ville pour vous faire payer. Ce sera le moment d’aller à l’épicerie du coin pour vous acheter quelques améliorations, munitions, choses utiles, etc. Autant vous dire que les villes d’Oddworld sont animées. Les Caquets bougent, vous insultent si vous le bousculez, bref, leurs répliques à votre égard sont tout simplement géniales et surtout crédibles. Tapez un Caquets, et ceux qui étaient tout près se précipiteront pour l’aider à se relever et pour vous insulter ! C’est assez hilarant. Notez au passage que de taper un PNJ laissera tomber quelques dollars... Bien que l’interaction avec les personnages soit très approfondie et convaincante, les voix sont un tout petit peu en reste. On peut seulement leurs reprocher une trop faible diversité. On a l’impression que tout le monde a la même voix. Ce n’est pas spécialement dérangeant, mais ç’aurait été mieux.

Moment que vous attendez tous, les graphismes. Et bien... Ils sont magnifiques ! Il n’y a rien de vraiment hallucinant, mais tout est techniquement très bien réalisé. Les paysages offrent une très grande diversité environnementale et surtout une très grande profondeur. Les textures sont remarquablement soignées. Et, chose encore souvent rare, aucune chute de framerate, mais surtout presque aucun chargement ! Ou alors, ceux-ci ne durent que deux à trois secondes. Autant dire qu’ils sont invisibles. Côté son, excepté la diversité des voix, les musiques sont biens et s’adaptent en fonction de l’action et de l’endroit où vous vous trouvez.

Le scénario est bien fichu, même si au début, on ne sait pas trop pour quelle obscure raison on fait tout ça. Malgré tout, il est très captivant. Au fil des heures, il devient dur de lâcher la manette. Même si le début est un peu répétitif, attendez-vous à de grands chamboulements dans l’histoire...

Quand on crée un jeu fun, on s’y amuse beaucoup. Ben ça se voit. Le jeu étant rempli de clin d’œil, particulièrement envers les films de cow-boys, cela renforce le côté ludique, fun, drôle du jeu. Attendez-vous aussi à un discours politique sous-entendu, qui nous révèle le parti politique (écologique) du président de la société, Lorne Lanning.

Certes, le jeu est bon, voire excellent. Mais sa durée de vie est un peu courte. Pas de mode multi joueur, pas de choix du niveau de difficulté, le mode solo fini en une grosse dizaine d’heure (treize heures, en ce qui me concerne). Pas de Live. Dommage...

< : R é c a p i t u l a t i f : >

Note globale
19/20


- Graphismes : 18 / 20 (paysages étonnamment beaux ; animation fluide)

- Son : 18 / 20 (musique et bruitages convaincants ; dialogues excellents)

- Scénario : 18 / 20 (bien conçu ; retournements de situation & Cie.)

- Durée de vie : 14 / 20 (On fera mieux la prochaine fois)

- Originalité : 19 / 20 (vraiment très drôle ; les munitions ; le scénario ; le jeu, quoi !)

- Jouabilité : 20 / 20 (exemplaire ; prise en main simple, voire presque innée)

Excellent et incontournable, à posséder !

 

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